Economie de proximité

Les monnaies locales ne sont pas soutenues par un gouvernement ou une banque centrale. Elles sont destinées à être échangées dans une zone délimitée. Les monnaies de ce type sont également appelées monnaies complémentaires. Elles prennent de nombreuses formes, aussi bien matérielles que virtuelles.

La monnaie locale est un moyen de se réapproprier l’économie à une échelle humaine et de proximité.

En effet, elle permet de construire et de préserver l’intégrité d’un territoire et de s’ouvrir aux autres en échangeant ses richesses sans se mettre en danger. Le but n’est pas de concurrencer la monnaie nationale mais de créer une monnaie complémentaire qui puisse pallier les déficiences du système monétaire actuel devenu incontrôlable, en ces temps de crises économiques.

Des expériences à succès ici et ailleurs 

Les monnaies complémentaires fleurissent un peu partout en Belgique et ailleurs. Citons notamment : le Valeureux à Liège, l’Epi Lorrain en Gaume et en Lorraine belge, le Ropi à Mons, la Minuto à Braine le Comte et le Torekes à Gand.

Les champions des monnaies locales sont les anglais. Ainsi, à Bristol dans le Sud de l’Angleterre, on échange ses livres sterling pour des livres Bristol à utiliser dans plus de 400 commerces.

La monnaie WIR existe en Suisse depuis 1934. Née en pleine crise économique des années trente, elle sert de monnaie d’échanges entre 60.000 PME suisses.

Comment ça marche et pourquoi ?

La monnaie locale n’est qu’un levier pour promouvoir « un système de valeurs » qui généralement repose sur : la proximité, le circuit court, des produits fabriqués suivant des normes éthiques.

Prenons l’exemple de Jean qui vend ses produits de la ferme suivant un modèle de coopérative agricole BIO. Il vend un poulet et avec le bénéfice va s’acheter un tee-shirt dans une grande chaîne de magasin internationale utilisant de la main d’œuvre lointaine avec des normes sociales douteuses. Jean qui produit « éthiquement » va briser le cercle vertueux dans lequel lui-même inscrit son action.

Tandis que s’il utilise la monnaie locale, il ne pourra aller acheter son vêtement que dans un magasin local opérant sa production textile suivant les normes d’ici. Et ainsi de suite !

Plus les acteurs économiques seront nombreux, comme à Bristol, à proposer des produits ou services à échanger contre la monnaie locale, plus le système fonctionnera ! Une bonne pratique pour se réapproprier l’économie.