Elles se multiplient sous différentes formes : orientées langues, jurys, pédagogies particulières … ou tout simplement incluant un cursus classique. Va-t-on vers une 3ième vitesse dans l’enseignement secondaire, en plus du réseau officiel et du réseau libre ?

Un choix par défaut ou par dégoût ?

Le choix d’une école privée dans l’enseignement secondaire trouve souvent son origine dans les errances du décret inscription. Certains parents très amers d’avoir dû renoncer à l’école de leur choix ont opté pour le privé. Ce phénomène se concentre sur Bruxelles et le Brabant Wallon, sujets à la pénurie de places, du moins pour un certain nombre d’écoles dites de qualité. Le phénomène reste limité. Les écoles privées recensent environ un millier d’élèves pour les 700.000 que compte la Communauté Française tous réseaux confondus.

Et le coût ?

Entre 350€ et 1200€ par mois. Et parfois bien plus, notamment si les parents ont un statut d’expatrié, et que le coût est supporté par l’entreprise, les sommes avoisineront alors les 25.000€ /an.

La qualité est-elle au rendez-vous ?

Les écoles privées gomment les défauts traditionnels des réseaux classiques comme les classes surpeuplées, la difficulté de mettre en place des programmes de remédiation ou encore d’adapter le cursus àcertains profils différents : handicap, dyslexie, haut potentiel, … Le projet pédagogique peut présenter une ligne plus claire, plus acérée susceptible de donner du sens aux élèves. Enfin, les écoles privées sont naturellement le laboratoire pour d’autres techniques d’apprentissage : au niveau des langues, au niveau cognitif (pensée latérale plutôt que séquentielle). Le plus petit nombre d’élèves permettra une approche plus participative.

L’école privée ajoute la forme au fond ce que l’enseignement classique n’arrive plus toujours à offrir. Revers de la médaille  les écoles privées n’ayant pas de statut officiel, les élèves devront passer leurs examens sous forme de jurys auprès de la Communauté Française. Dans la pratique, cela se déroule bien et les écoles privées préparent en connaissance de cause les élèves à ces épreuves

15-16 ans, le tournant

Trouvant difficilement leur place dans l’enseignement classique, démotivés ou sujets au redoublement, de nombreux ados vers 15-16 se tournent vers l’école privée pour se préparer aux différentes options de jurys dont le jury central.

Ce phénomène est probablement plus déterminant que celui de ne pas avoir trouvé l’école de son choix. Et la tendance là est clairement à la hausse auprès de parents qui refusent que leur enfant soit relégué après un échec dans des filières qu’ils jugent moins qualitatives.