Une brique dans le ventre

De génération en génération, la brique dans le ventre fait partie de l’ADN des belges. Pourtant, le pourcentage de propriétaires est en stagnation avec un taux de +/- 72% qui n’a pas évolué en 10 ans. Ni l’envie, ni l’aspiration ne sont en cause mais bien les conditions de marché. Surtout pour les plus jeunes générations.

Un cocktail financier difficile à ingurgiter

Les taux assez bas des prêts hypothécaires semblent de prime abord être un incitant à l’achat. L’acheteur potentiel se heurtera pourtant aux exigences nouvelles des banques qui ne prêtent que moyennant un apport en capital de +/-20%, là où auparavant elles acceptaient de financer jusqu’à 100 voire 110 % de l’achat. Pour des jeunes même à 25-30 ans et avec un bon boulot, sans apport des parents, pas évident ! S’ajoutent les prix de l’immobilier de plus en plus inaccessibles, surtout en milieu urbain. La chute des taux d’intérêt et l’absence de rémunération de l’épargne ont orienté les investissements vers l’immobilier.

Mobilité à la revente réduite

Notre système fiscal étant ce qu'il est, le pudique terme de « droits d’enregistrement » grèvera en moyenne le bien de 12,5%. En cas de revente dans les deux ans l’acheteur pourra en récupérer 3/5. Dans tous les autres cas : perdu ! A l’heure, où on ne cesse de prôner la mobilité professionnelle, ne pas pouvoir revendreson bien sans d’office en perdre plus de 10%, est un véritable problème. L’achat d’un bien immobilier intervient souvent lorsque le couple s’installe ou se marie et sera financé par le travail des deux et peut-être l’apport des deux familles. Là, l’engagement bancaire se calcule généralement sur 20 voire 25 ans. Or, la mobilité affective est aussi une réalité de notre époque qui pourra entrainer des pertes à la revente.

Jeune propriétaire, un autre cahier des charges

A chaque époque ses tendances : mélanges d’envies et de rationnels. Les jeunes n’ont pas remisé leur rêve de propriété. Ils l’adaptent à leur réalité d’aujourd’hui. L’achat pourra être une co-propriété (co-housing) : tendance mais avec ses limites, plutôt partage du jardin et des communs que de l’ensemble. Habitat écologique faiblement énergivore, proche des transports en commun et surtout (beaucoup) plus petit complètent le tableau du cahier des charges des jeunes en quête d’achat. Le rêve de la « 4 façades » est définitivement laissé aux générations précédentes.