Depuis les années 1980, les grands chefs sont de véritables entrepreneurs. Il faut savoir que la rentabilité d’un restaurant étoilé, avant amortissement, oscille entre 0 % et 20 %. Dans ces conditions, les chefs doivent se diversifier pour tenir le coup.

Des produits dérivés et une notoriété monétisée

Pour s’en sortir, les grands chefs ne manquent pas d’imagination : produits dérivés et émissions de télévision (Top chef, Master chef, Cauchemar en cuisine, etc.), activité énergique sur les réseaux sociaux (les chefs twittent ou partagent leurs plats gastronomiques sur Facebook) …  Et n’oublions pas les incontournables livres de recettes.

Certains vont jusqu’à monétiser leur notoriété : ils ouvrent des hôtels, des écoles de cuisine, des bistrots (bien plus rentables). Ils vont même jusqu’à élaborer des gammes d’ustensiles de cuisine signées ou en partenariat avec les grandes marques d’électroménager. Recevoir ses amis à une table dressée avec les plus grands noms de la gastronomie, quel raffinement !

Le rêve ! Posséder les mêmes couteaux, planches, casseroles, bougies que Monsieur le Chef ! Ça l’fait !

Un chef, maintenant, c’est une marque. Et ça marche !

L’idée est simple : utiliser son nom, trouver des partenaires, ou pas, et faire du bénéfice.

Quelques exemples parlants :

Martin Volkaerts, connu depuis son passage remarqué dans Top Chef, devient lui-même un joli produit dérivé lorsqu’il rejoint les cuisines du Cooking Club d’AEG.

De grands chefs proposent leurs recettes à Delhaize: les fameuses boulettes à la brabançonne ou la purée de crevettes grises à la sauce à l’échalote, par exemple. Comme les autres, ces recettes ont été adaptées à une échelle industrielle. Autrement dit, on ne sait pas trop ce qu’il en reste. Mais pourquoi s’en priver ? : à 8,50 euros le plat, on acceptera de fermer les yeux et on s’imaginera dans un restaurant gastronomique !

A Bruxelles, un nouveau concept food s’est installé. L’idée? : manger de l’étoilé dans des bocaux ! C’est une restauration rapide, en self-service, et pour un prix conséquent. Mais c’est de l’étoilé et la signature du chef figure sur le bocal !

Tout est bon quand le chef s’est fait un nom ! Mais est-ce aussi bon que dans son restaurant étoilé ? Ses livres de cuisine révèlent-ils les secrets de ses recettes ? Son bistrot propose-t-il des produits aussi frais que ceux de son restaurant étoilé ? A nous de tester et de juger …